Œuvrer pour la personne âgée, par la FNAPAEF et le GRAF
Mme Nora Berra, Secrétaire d’Etat chargé des Aînés, vient de s’exprimer par le biais d’un article « Œuvrer pour la bientraitance » à la rubrique « Opinions » du Monde du 26 novembre 2009.
La Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées Et de leurs Familles (FNAPAEF) et le Groupement Régional de Paris Ile-de-France des Associations de Familles de Malades Hospitalisés en Long séjour (GRAF) se mobilisent pour un « droit de réponse » à des propos qui traduisent la volonté des Pouvoirs Publics de s’écarter délibérément du problème majeur qui se pose aujourd’hui aux personnes âgées, à leurs familles, et à notre société : Comment financer son maintien à domicile, sa maison de retraite, sa perte d’autonomie ? Comment bien et mieux vivre lorsque l’on vieillit ?
Si effectivement, vous avez, Madame la Secrétaire d’Etat chargée des Aînés, admis que la maltraitance active et/ou passive trouve son prolongement dans la maltraitance physique, psychologique et financière par usurpation, vous semblez minimiser que la maltraitance envers nos Aînés, c’est aussi la non-assistance financière de l’Etat. Ainsi L’Inspection Générale de l’Action Sociale n° N°RM2009-094P souligne « les enjeux financiers liés à une entrée et à un séjour en *EHPAD pèsent sur les personnes âgées, parfois jusqu’au risque d’une insuffisante prise en charge, voire d’une maltraitance ». * Etablissement d’Hébergement pour personnes âgées Dépendantes
Œuvrer pour la bientraitance, Madame la Secrétaire d’Etat aux Aînés, ce n’est pas seulement se mobiliser « en étroite coordination avec les collectivités locales et les professionnels sociaux, paramédicaux et médicaux », c’est également collaborer avec les représentants des personnes âgées et leurs familles, c’est promouvoir une vraie « démarche collective ». Vous définissez et justifiez « la démarche collective » par le « refus de la maltraitance active et passive », mais sollicitez-vous les intéressés, entendez-vous leurs appels ?
« Accepter intimement de regarder son propre vieillissement », comme vous le soulignez, n’est pas uniquement la clef de la bientraitance. Cette affirmation ne permet pas de régler les problèmes rencontrés tant à domicile qu’en institutions (maison de retraite, EHPAD, hôpital), d’enrayer tout acte de violence, de négligence ou d’indifférence, ni de promouvoir les pratiques professionnelles permettant de mettre en oeuvre la bientraitance. C’est encore une fois occulter les réalités qui aujourd’hui mobilisent l’ensemble des acteurs, usagers, soignants, directeurs…
Quelles actions concrètes allez-vous mettre en œuvre pour notre société vieillissante en situation de perte d’autonomie, confrontée aux difficultés et souvent dans l’impossibilité de trouver des solutions adaptées et accessibles en termes financiers ? Comptez-vous déployer les ressources humaines en nombre suffisant pour accompagner nos malades âgés, en perte d’autonomie et handicapés ?
Le « terreau de cette violence » n’est pas seulement la « perception du grand âge » comme vous le soulignez, c’est avant tout un engagement insuffisant des Pouvoirs Publics qui favorise l’émergence de cette violence. Vous avancez que face à cette situation l’Etat entend assumer toute sa part de responsabilité, nous soutenons une telle démarche et nous attendons que votre Ministère s’implique au-delà des bons sentiments exprimés.
Oeuvrer pour les personnes âgées malades, en perte d’autonomie, handicapées, c’est financer le Plan Solidarité Grand Age à la hauteur de ses ambitions, créer une nouvelle branche de la sécurité sociale (5ème risque) qui prendrait en charge les situations de handicap quel que soit l’âge, conformément aux engagements de campagne du Président de la République.
Aldo SALUARD Joëlle LE GALL
Président GRAF Présidente FNAPAEF
CONTACTS
Aldo Saluard (GRAF) – aldo.saluard@wanadoo.fr – Tel. 01 43 45 17 97
Joëlle Le Gall (FNAPAEF) – legall.joelle@wanadoo.fr – Tel. 06 61 46 02 43
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