Emploi : on licencie…
L’année 2010 est abordée avec beaucoup d’inquiétudes concernant l’emploi des personnes handicapées. Il est à envisager que « la crise » soit un peu plus présente pour elles que pour les autres salariés.
Les entreprises adaptées (EA) sont manifestement plus impactées par la situation économique que les autres. Une récente étude avance que 7 EA sur 10 sont ainsi touchées, avec une baisse de 21% des commandes, en moyenne…
Ainsi Earta, entreprise de l’agglomération nantaise, annonce la suppression de 30 postes (sur 96 !) Voir
Dans un contexte défavorable la situation est préoccupante : les travailleurs handicapés représentent en moyenne, dans le secteur privé, 2,8 % des effectifs des établissements assujettis à l’obligation d’emploi et 4,4 % dans le secteur public ; soit, dans les deux cas, un taux inférieur au taux requis de 6 %, même si l’on note une amélioration sensible dans la sphère publique.
« En juin 2009, 214 233 personnes handicapées étaient à la recherche d’un emploi, et près de 280 000 personnes handicapées étaient employées dans les entreprises assujetties à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) » annonce un récent rapport du Sénat, dans le cadre du Projet de loi des finances pour 2010, titrant : « Une mobilisation qui doit être plus active en faveur de l’insertion professionnelle des personnes handicapées »
On y lit : « Au 1er janvier 2010, les sanctions financières appliquées aux établissements de plus de vingt salariés n’ayant engagé aucune action en faveur de l’emploi des personnes handicapées au cours des quatre dernières années vont être renforcées. Malgré l’enjeu financier que cela représente, de nombreuses entreprises assujetties figurent encore sur la liste noire des établissements dits à « quota zéro », n’ayant encore entrepris aucune démarche en faveur de l’emploi de personnes handicapées. »
Pourtant, depuis le 1er janvier 2009, tous les dossiers d’allocation adulte handicapé (AAH), (qu’il s’agisse d’une première demande ou d’un renouvellement) doivent être assortis d’une « évaluation des capacités professionnelles et d’une orientation adaptée vers l’emploi ».
Cela n’est malheureusement pas suffisant pour permettre un égal accès à l’emploi pour les travailleurs handicapés. Trop de difficultés à accéder aux formations professionnelles ou à un parcours scolaire « ordinaire »…
Le dossier et les conclusions du rapport sénatorial (voir ci-dessus) sont très explicites. Force est de constater que le handicap, et ce que les personnes handicapées peuvent apporter à la collectivité, n’est pas encore un sujet qui mobilise la collectivité. Peut-être quelques signes « tangibles » seraient-ils bienvenue.
Par exemple, pour parler emploi : il ne serait pas inutile de s’intéresser au respect de l’obligation d’emploi pour les travailleurs handicapés au sein des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Vitrines de la politique du handicap du département, combien emploient 6% de travailleurs handicapés ?
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