Intime avec la souffrance
Cette semaine, un drame comme l’Humanité n’en a que rarement connu a relégué en arrière plan beaucoup de nos préoccupations quotidiennes. Le drame qui se déroule sous nos yeux, ne peut laisser indifférent. Cela permet de relativiser certains de nos maux.
800 000 adultes et enfants handicapés vivent (ou vivaient ?) en Haïti. En février 2009, Mme Nicole Romulus intervenait devant la commission du développement social de l’ONU pour évoquer leur situation. Tout est dit dans son intervention (lire ces 2 pages)
Le pire est à craindre pour cette population quand on voit les images de violences qu’engendrent la faim et la soif après des journées d’attente des ravitaillements au milieu des cadavres…
En avril 2008, la Fondation « J’aime Haïti » avait organisé un concours national « visant à mettre en lumière les talents des personnes handicapées, une frange cachée de notre société »
Dans l’article « Dix personnes handicapées remarquables lauréates » ( lire ) on peut lire les propos d’Edrice Dély, fier d’être l’un des lauréats : « Je me réjouis d’être parmi les dix lauréats du concours car nous, les personnes handicapées, nous avons les mêmes capacités et potentialités que les autres, et nous avons notre partition à jouer dans le développement du pays», dit-il.
Le secrétaire d’Etat haïtien à l’intégration des personnes handicapées, M. Péan, faisait remarquer que « l’intégration des personnes handicapées est un pré requis au développement durable ». C’est tellement vrai, quels que soient les pays ou les situations…. S’il ne s’agissait d’un pays aujourd’hui anéanti, on pourrait proposer à quelques fondamentalistes écologistes d’entendre cela…y compris en Europe.
Dans un communiqué diffusé à Paris, MSF (Médecins sans frontières) ( lire ) affirme aujourd’hui : « La priorité étant donnée aux cas les plus urgents, les équipes ont pratiqué des césariennes et des amputations. Le personnel médical expérimenté MSF dit ne jamais avoir vu autant de blessures aussi graves »
Ceci dit, il faut penser, bien entendu, à palier à l’urgence pour venir au secours de la population. Il faut en même temps aider à la reconstruction du pays. Aux côtés des ONG, la Fondation de France est présente sur le terrain et en appelle également aux dons (lire dans le Point )
Citons, pour conclure, »), Joseph Macé-Scaron dans une tribune dans Marianne ce samedi (« Cherchez l’erreur, trouvez l’horreur »), qui écrit : « Etre né en Haïti, c’est entretenir avec le martyre, le chaos et la souffrance une forme d’intimité contrainte et douloureuse »
Jean-Louis FONTAINE
Président de l’association SYNERGIE
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