Des chercheurs s’interrogent sur la place des retraités
de demain dans la cité

Près de 300 universitaires et chercheurs venus du monde entier (*) sont
réunis les 8 et 9 octobre à l’université de Rouen pour débattre de la place des
personnes âgées dans la cité et dans les politiques locales. «Les politiques aujourd’hui
en France ne sont pas à la hauteur des défis du vieillissement », estime
Jean-Philippe Viriot-Durandal.


Normal
0
21
false
false
false
FR
X-NONE
X-NONE
MicrosoftInternetExplorer4

/* Style Definitions */
table.MsoNormalTable
{mso-style-name: »Tableau Normal »;
mso-tstyle-rowband-size:0;
mso-tstyle-colband-size:0;
mso-style-noshow:yes;
mso-style-priority:99;
mso-style-qformat:yes;
mso-style-parent: » »;
mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;
mso-para-margin-top:0cm;
mso-para-margin-right:0cm;
mso-para-margin-bottom:10.0pt;
mso-para-margin-left:0cm;
line-height:115%;
mso-pagination:widow-orphan;
font-size:11.0pt;
font-family: »Calibri », »sans-serif »;
mso-ascii-font-family:Calibri;
mso-ascii-theme-font:minor-latin;
mso-fareast-font-family: »Times New Roman »;
mso-fareast-theme-font:minor-fareast;
mso-hansi-font-family:Calibri;
mso-hansi-theme-font:minor-latin;}

Le maître de conférences en sociologie reproche aux pouvoirs publics de
ne pas savoir anticiper ce phénomène inéluctable en s’appuyant sur le travail
de recherche universitaire. «Dans les années qui viennent, le problème va
prendre une acuité importante et il n’est pas sûr que tout soit fait pour s’y
préparer », renchérit le directeur de la Cram de Normandie, Jean-Yves Yvenat
qui s’appuie sur son expérience pour rappeler que «dans 20 ou 30 ans, les jeunes
retraités d’aujourd’hui qui arrivent en masse seront les vieux retraités de
demain ». Si l’espérance de vie augmente, le paradoxe souligné par G.Leeson
(Oxford), est que la notion de vieillesse apparaît de plus en plus tôt dans les
sociétés occidentales «sortis plus tôt du monde du travail, la disqualification
par l’âge est beaucoup plus précoce alors que les individus sont en meilleure
santé ».

Selon le professeur, la société n’est pas assez flexible. Il faut s’attendre
à ce que cette population en retraite qui a du temps, de l’argent, des
connaissances, cherche à prendre le pouvoir pour que les enjeux liés au
vieillissement soit pris en compte. «Il va y avoir un mouvement favorable à la
prise en charge de la dépendance dans les politiques publiques du fait de la
pression organisée par les plus anciens ». Selon J.P Viriot-Durandal, il faudra
s’interroger sur l’organisation dans la cité, les territoires et l’adaptation des
infrastructures. Il cite l’exemple d’un office de retraités à Brest qui a fait
un film sur les horaires et les accès aux bus et les points d’accessibilité
dans la ville. «Ces populations grandissantes vont tenter d’aménager la ville
en fonction de leurs besoins» et il pose la question de savoir comment les décideurs
publics vont organiser ce type de débats.

Faute d’y répondre, ils risquent de se retrouver avec un déséquilibre
dans le respect des groupes d’âge. Si les chercheurs rejettent le principe d’un
"pouvoir gris" opposé au "pouvoir jeune", ils préconisent la mise en place d’un
processus de consultation participative. «Nous sommes à une période charnière
avec un modèle social qui sera revisité», prédit Jean-Yves Yvenat.

Willy Oriou

(*) Réseau d’Étude sur l’Age, unité CNRS IDEES/CIRTAI. Ce
colloque s’inscrit dans les réflexions sur le vieillissement par l’ONU à Madrid
en 2002.