Le beau chemin

Comme dit lors de la précédente newsletter un chapitre du livre « Le beau chemin » sera publié dans chaque newsletter hebdomadaire de "lamaisondelautonomie.com".  On peut se procurer le livre en nous contactant.

Vous trouverez dans "Lire la suite" le prologue.

Prologue

Un jour que j’avais enfin un quart d’heure de liberté, je traversais le parc pour faire une promenade.

Derrière moi, trottinent deux jolies fillettes. Elles me doublent, puis s’arrêtent et me regardent :

« Vous en avez de belles lunettes !

– Merci, c’est gentil ce compliment.

– Vous avez des petits-enfants ?

– Oui pourquoi ?

– Ils ne sont pas avec vous ?

– Non, ils habitent trop loin et je ne les vois pas très souvent… seulement lorsque je vais chez eux.

– Mais normalement, les grands-mères ça ne travaille pas ?

– Si ! Tu vois, moi je consacre mon temps au bénévolat.

– C’est quoi "au bénévolat ? "

– C’est offrir de son temps pour aider les autres ».

Je sens qu’elles ne comprennent pas bien le sens de mon propos. Elles insistent :

« Même pour jouer avec nous ?

– Pourquoi pas ? ».

Et les deux "jeunes moineaux" s’envolent en courant et en riant. Songeuse, je continue ma brève balade. Une petite idée vient tout juste de m’effleurer. Dès le lendemain, je m’offre, une nouvelle fois, un moment de détente dans le même parc ; il est magnifique avec ses fleurs de toutes les couleurs et leurs parfums suaves. Une vraie récréation. Des rires enfantins, une petite voix espiègle, les cailloux crissent sous les souliers, leurs rires comme des clochettes se rapprochent de moi.

« Bonjour Mamie !

– Oh ! Mais ce sont mes petites amies de l’autre jour. Bonjour, c’est vrai, aujourd’hui c’est mercredi. Que faites-vous ici ? Vous aussi, vous êtes venues voir les jolies fleurs ?

– Non, on s’ennuyait, les autres enfants sont avec leurs Papy et Mamie ».

Un voile de tristesse passe dans leurs yeux, elles sont devenues très sérieuses et me toisent des pieds à la tête. L’une d’elles me demande :

« Toi aussi, tu t’ennuyais et tu es venue là parce qu’il y a du monde ?

– Je suis venue profiter du beau temps. J’aime le soleil ! Vous êtes seules ? Où sont vos mamans ?

– A leur travail, pas loin. Pendant ce temps, nous on joue au parc. Dans le bureau, ce n’est pas drôle : il ne faut pas faire de bruit, juste des dessins. On s’ennuie ! Quand tu étais petite toi, tu avais une grand-mère et un grand-père ?

– Oui et c’était formidable ! ».

L’idée qui m’avait effleurée l’autre jour se précise…

Maître Micheline Vouillac de Bray