Dépendance : le cinquième risque ne doit pas être le cinquième trou
Avant d’en appeler à une nouvelle assurance obligatoire, c’est-à-dire un nouveau prélèvement public, pour financer la dépendance, on pourrait envisager de mieux tirer parti de l’existence d’une épargne financière importante chez les plus âgés pour alléger la pression sur les finances publiques et les familles.
Dans l’opinion publique, le débat sur le financement de la dépendance se focalise principalement sur "le reste à charge" dans les établissements pour personnes âgées dépendantes. La politique gouvernementale favorisant le maintien à domicile rencontre le souhait des intéressés et de leur famille. Elle a eu pour conséquence un changement complet de la population accueillie ces dernières années en maison de retraite. Sur l’ensemble des résidents du groupe Korian (soit 10.000 environ), 70% ont des troubles du comportement – en majorité la maladie d’Alzheimer – et chaque résident a en moyenne 6,3 pathologies.
Le système de protection français est caractérisé par une forte césure entre ce qui relève du secteur sanitaire, supporté de façon très complète voire généreuse par l’assurance-maladie, et le secteur médico-social, qui laisse une part importante à la charge des intéressés et de leur famille. Ainsi, dans les maisons de retraite médicalisées, publiques ou privées, l’assurance-maladie ne rembourse strictement que les frais médicaux directs : médecins, infirmières, aides-soignantes à hauteur des deux tiers. Elle ne prend en charge ni les psychologues, ni les animateurs, ni les gestionnaires et encore moins l’amortissement des constructions et les loyers. Il en résulte une grande incompréhension de la part des familles.
Source : latribune.fr
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